Un passage en barque nous emmène sur une île désaffectée. Autour de la grande cage d’escalier, chaque pièce du parcours labyrinthique ouvre à une confrontation. Échec et mat, « elchaykhe matte », le roi est mort ! Ou peut-être est-il juste assoupi ?
Le film The Sleeping King se situe dans une zone où les frontières sont poreuses. Des images s’entrechoquent, se télescopent comme des souvenirs épars. Architectures, insectes, objets deviennent figures. Les Hommes eux-mêmes semblent appartenir à un étrange bestiaire, pris chacun dans leurs propres mouvements, solitaires et atemporels.
Le principal protagoniste est le contexte lui-même, l’île, opérant comme une matrice avec laquelle nous sommes invités à entrer en dialogue.
« Un soir à Venise, j’étais attablé avec le chef d’un restaurant, il me parla d’une île de la lagune pareille à un sanctuaire où serait mort Giorgione.
Il m’invita à faire un tour sur l'ile ensemble. Nous y avons passé une journée, nous y avons mangé des oignons avec une omelette cuite au feu et cueilli des kakis.
Il m’invita à faire un tour sur l'ile ensemble. Nous y avons passé une journée, nous y avons mangé des oignons avec une omelette cuite au feu et cueilli des kakis.
J'ai été frappé par la vacuité de cet espace anachronique, ses architectures monumentales du 14e et du 17e siècles recouvertes d’un manteau de forêt et de poussière mêlées aux vestiges de la modernité. L’île fut longtemps un lieu de quarantaine et un mouroir pour les pestiférés, puis un hôpital psychiatrique.»
Michel Soudée

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